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Sommaire (13)
  1. 01Crédit immo sans apport en 2026 : pour qui est-ce encore possible ?
  2. 02Sommaire
  3. 03Ce que sans apport veut vraiment dire en banque
  4. 04Pour quels profils le 110 % reste accessible en 2026
  5. 05Ce que dit la norme HCSF sur le crédit sans apport
  6. 06Quelles banques acceptent encore le financement à 110 %
  7. 07Le surcoût réel d'un achat sans apport, chiffré
  8. 08Les leviers pour compenser l'absence d'apport
  9. 09Risques et garde-fous avant de se lancer
  10. 10Méthode pour monter un dossier sans apport solide
  11. 11Foire aux questions
  12. 12Conclusion
  13. 13Sources
Crédit immobilier

Crédit immo sans apport en 2026 : pour qui est-ce encore possible ?

Crédit immobilier sans apport en 2026 : profils encore éligibles au financement à 110 %, banques qui acceptent, conditions HCSF, surcoût de taux et alternatives concrètes.

Pierre Martin
Publié le 29 mai 2026 · mis a jour le 29 mai 2026 · 16 min de lecture
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Crédit immo sans apport en 2026 : pour qui est-ce encore possible ?

L’essentiel en 30 secondes

  1. Le sans apport existe toujours en 2026, mais représente moins de cinq pour cent de la production selon la Banque de France.
  2. Le financement à 110 % couvre prix du bien, frais de notaire et garantie sans euro d’épargne personnelle injecté.
  3. Profils éligibles : jeunes actifs en CDI à fort potentiel, fonction publique, revenus supérieurs à 1,5 fois la médiane locale.
  4. Surcoût : majoration de taux de dix à trente points de base et intérêts sur un capital plus large, soit quinze à vingt-cinq mille euros de plus sur un dossier type.
  5. Leviers de substitution : PTZ, prêt Action Logement, épargne salariale et donation familiale remplacent souvent l’apport propre.

Sommaire

  1. Ce que sans apport veut vraiment dire en banque
  2. Pour quels profils le 110 % reste accessible en 2026
  3. Ce que dit la norme HCSF sur le crédit sans apport
  4. Quelles banques acceptent encore le financement à 110 %
  5. Le surcoût réel d’un achat sans apport, chiffré
  6. Les leviers pour compenser l’absence d’apport
  7. Risques et garde-fous avant de se lancer
  8. Méthode pour monter un dossier sans apport solide
  9. Foire aux questions

Ce que sans apport veut vraiment dire en banque

Dans le langage courant, acheter sans apport signifie ne pas avoir d’épargne à mettre sur la table au moment de la signature. Dans le langage bancaire, la réalité est plus précise. Une banque parle de financement à 100 % lorsque le crédit couvre uniquement le prix de vente du bien, et de financement à 110 % lorsque le crédit couvre en plus les frais annexes incompressibles : frais de notaire (environ huit pour cent dans l’ancien, deux à trois pour cent dans le neuf), frais de garantie via caution Crédit Logement ou hypothèque, et frais de dossier.

C’est ce financement à 110 % qui correspond au véritable achat sans apport, puisque l’emprunteur n’avance strictement rien. Le terme de quotité de financement, ou ratio prêt sur valeur, mesure cette part : un dossier à 110 % présente une quotité supérieure à la valeur du bien, ce qui constitue précisément la zone de risque que les banques surveillent.

La distinction est essentielle car beaucoup de candidats croient acheter sans apport alors qu’ils financent en réalité une partie des frais avec une donation ou un prêt aidé. La grille de scoring interne lit chaque euro d’apport comme un signal de sérieux et de capacité d’épargne, indépendamment de son montant.

Le contexte de 2026 est marqué par une détente progressive des taux après le pic de 2023 et 2024, ce qui a relancé une partie de la demande. Mais les banques restent prudentes sur la quotité, car le souvenir de la remontée brutale des taux a renforcé leur vigilance sur les dossiers à risque. Le sans apport est donc redevenu envisageable, sans être redevenu courant.

Pour quels profils le 110 % reste accessible en 2026

Toutes les situations ne se valent pas. La banque qui accepte de financer à 110 % accepte un risque supérieur, et elle ne le fait que lorsque d’autres signaux compensent l’absence d’apport. Quatre profils types ressortent des politiques d’octroi observées en 2026.

Le premier est le jeune actif en CDI à fort potentiel d’évolution salariale. Un ingénieur, un cadre débutant, un professionnel de santé ou un diplômé d’une filière à forte employabilité présente un profil de revenu croissant. La banque parie sur la trajectoire : le taux d’effort de départ peut être proche du plafond, mais il se desserrera mécaniquement avec les augmentations. Ce profil est explicitement visé par la dérogation HCSF réservée aux primo-accédants, ce que détaille notre guide capacité d’emprunt et norme HCSF.

Le deuxième profil est l’agent de la fonction publique ou assimilé. La stabilité de l’emploi à vie, ou quasi, rassure la banque sur la régularité du remboursement. Un fonctionnaire titulaire, un agent hospitalier ou un militaire de carrière bénéficie souvent d’une lecture plus souple, parfois assortie de partenariats bancaires spécifiques au secteur public.

Le troisième profil est le ménage à revenus confortables sans patrimoine constitué. Il s’agit typiquement de personnes ayant des revenus élevés mais ayant consommé leur épargne pour d’autres raisons légitimes (remboursement de prêt étudiant, frais de santé, installation professionnelle). Leur taux d’effort réel reste faible, ce qui rassure la banque malgré l’absence d’apport visible.

Le quatrième profil est le primo-accédant éligible aux prêts aidés. Lorsque le PTZ, le prêt Action Logement et l’épargne salariale se combinent, le dossier n’est plus réellement sans apport au sens bancaire, même si l’emprunteur n’a pas mobilisé d’épargne personnelle. Notre guide des dispositifs primo-accédant 2026 recense les aides cumulables.

À l’inverse, certains profils sont quasiment exclus du sans apport en 2026 : les indépendants en début d’activité sans bilan stabilisé, les contrats précaires (CDD, intérim, période d’essai non validée), les ménages avec des crédits à la consommation en cours, et les investisseurs locatifs, pour qui la banque exige presque toujours au moins la couverture des frais. Pour ces profils, mieux vaut anticiper un refus possible et consulter notre analyse des causes de refus de prêt et des recours.

Ce que dit la norme HCSF sur le crédit sans apport

Une idée reçue tenace voudrait que la réglementation interdise le crédit sans apport. C’est faux. La norme du Haut Conseil de Stabilité Financière, codifiée par la Décision D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 et publiée sur Légifrance, ne fixe aucun apport minimum obligatoire. Elle encadre seulement deux paramètres.

Le premier est le taux d’effort, plafonné à 35 % du revenu net mensuel du foyer, assurance emprunteur incluse. Le second est la durée maximale du prêt, fixée à vingt-cinq ans, portée à vingt-sept ans avec différé d’amortissement pour le neuf en VEFA ou pour l’ancien avec travaux représentant au moins 25 % du coût total de l’opération.

Le sans apport est donc parfaitement compatible avec la norme HCSF, à une condition : que la mensualité, calculée sur un capital de 110 % du prix, reste sous le plafond de 35 % d’effort. Pour un ménage à revenus confortables achetant un bien modeste, ce plafond n’est jamais menacé, et le 110 % passe sans même mobiliser de dérogation. Pour un ménage qui pousse son budget au maximum, le sans apport gonfle la mensualité et peut faire dépasser le plafond, ce qui rend l’opération impossible sans apport partiel.

L’enveloppe dérogatoire de vingt pour cent de la production trimestrielle, laissée à la main de chaque banque, permet de dépasser ponctuellement le plafond de 35 % ou la durée de vingt-cinq ans. Elle est strictement répartie : 80 % doivent aller aux résidences principales et 30 % aux primo-accédants. L’ACPR publie chaque trimestre le respect de ces marges et sanctionne les établissements non conformes. Cette dérogation n’est pas faite pour le sans apport en tant que tel, mais elle peut absorber un dossier sans apport au taux d’effort un peu élevé, à condition que le reste du profil soit solide.

Il faut donc retenir une mécanique simple : ce n’est pas l’absence d’apport qui bloque le dossier, c’est le dépassement du taux d’effort que provoque parfois l’augmentation du capital emprunté. La question pertinente n’est jamais combien faut-il d’apport, mais quel est le taux d’effort résultant.

Quelles banques acceptent encore le financement à 110 %

Les politiques d’octroi ne sont pas uniformes sur le marché. En 2026, les établissements les plus ouverts au financement à 110 % sont les banques de réseau régionales à structure mutualiste : caisses régionales du Crédit Agricole, banques populaires régionales, caisses d’épargne régionales. Leur ancrage local et leur stratégie de captation des jeunes clients les rendent plus enclines à parier sur un primo-accédant prometteur, dans une logique de relation longue.

Les banques nationales généralistes acceptent le sans apport de manière plus sélective, en réservant ces dossiers aux meilleurs profils et en compensant par une domiciliation des revenus et la souscription de produits annexes. Les banques en ligne et néobanques restent les plus restrictives : leur modèle repose sur le traitement standardisé de dossiers à faible risque, et le 110 % entre rarement dans leurs critères automatisés.

Dans ce contexte, le passage par un courtier IOBSP prend tout son sens. Le courtier connaît les grilles internes du moment, sait quelle caisse régionale accepte ponctuellement le 110 % ce trimestre, et oriente le dossier au bon endroit du premier coup. Il évite ainsi la multiplication des refus, qui laissent des traces dans l’historique du candidat. Pour un profil sans apport, l’effet d’un bon ciblage est souvent décisif. Notre méthode de négociation du taux de crédit immobilier 2026 détaille comment articuler banque en direct et courtier.

Un point pratique mérite attention : les politiques d’octroi évoluent chaque trimestre selon la conjoncture des taux et les objectifs commerciaux de chaque réseau. Une banque qui refuse le 110 % en début d’année peut le rouvrir au trimestre suivant. Un refus ne doit donc jamais être tenu pour définitif sur le seul critère de l’absence d’apport.

Le surcoût réel d’un achat sans apport, chiffré

Acheter sans apport n’est pas neutre financièrement. Le surcoût provient de deux sources cumulatives qu’il faut distinguer pour raisonner correctement.

La première source est la majoration de taux. Pour compenser le risque accru d’une quotité supérieure à la valeur du bien, la banque applique au dossier sans apport un taux supérieur de dix à trente points de base par rapport à un dossier équivalent avec vingt pour cent d’apport. Sur un emprunt de 200 000 € sur 25 ans, une majoration de vingt points de base représente quelques milliers d’euros d’intérêts supplémentaires sur la durée.

La seconde source, souvent oubliée, est l’effet du montant emprunté. Financer 110 % au lieu de 90 % signifie emprunter davantage et payer des intérêts sur une assiette plus large pendant toute la durée du prêt. Cet effet est généralement supérieur au surcoût de taux lui-même.

Le tableau ci-dessous illustre l’ordre de grandeur du surcoût total pour un bien de 200 000 € dans l’ancien, frais de notaire de seize mille euros et garantie de deux mille euros inclus, sur une durée de 25 ans, à titre indicatif et hors assurance.

ScénarioCapital empruntéTaux indicatifCoût total du créditSurcoût vs 20 % d’apport
20 % d’apport (43 600 €)174 400 €3,15 %environ 76 000 €référence
10 % d’apport (21 800 €)196 200 €3,25 %environ 88 000 €environ + 12 000 €
Sans apport (110 %)218 000 €3,40 %environ 100 000 €environ + 24 000 €

Les chiffres ci-dessus sont des estimations pédagogiques illustrant la mécanique du surcoût, et non des taux contractuels. Les taux réels dépendent de la grille de chaque banque, du profil et de la durée, comme l’explique notre analyse des taux par durée 15, 20 et 25 ans.

Ce surcoût doit être mis en regard du coût de l’attente. Pour un ménage qui mettrait quatre ou cinq ans à constituer un apport de vingt pour cent, ces années de loyer à fonds perdu peuvent dépasser le surcoût du crédit sans apport, surtout si le marché local progresse pendant cette période. L’arbitrage n’est donc pas purement comptable : il dépend du loyer actuel, de la dynamique du marché local et de la capacité réelle à épargner.

Les leviers pour compenser l’absence d’apport

Le meilleur réflexe pour un candidat sans épargne n’est pas de chercher la rare banque qui accepte le 110 % pur, mais de reconstituer un apport sans toucher à son épargne personnelle, grâce aux dispositifs aidés. Plusieurs leviers se combinent.

Le premier est le prêt à taux zéro. Considéré comme un apport par les banques, le PTZ peut financer une part importante de l’opération pour les primo-accédants éligibles, selon le zonage et les plafonds de ressources précisés sur service-public.fr. Un dossier qui mobilise un PTZ n’est plus réellement sans apport aux yeux de la banque.

Le deuxième levier est le prêt Action Logement, accessible aux salariés du secteur privé non agricole d’entreprises de plus de dix salariés, à un taux préférentiel et pour un montant pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le troisième est le déblocage de l’épargne salariale (PEE, PERCO) au titre de l’acquisition de la résidence principale, qui mobilise une épargne déjà constituée sans qu’elle figure sur les comptes courants.

Le quatrième levier est la donation familiale, encadrée par l’article 779 du Code général des impôts : un abattement de cent mille euros par parent et par enfant tous les quinze ans, soit jusqu’à quatre cent mille euros pour un couple recevant de ses deux familles. Le cinquième est le prêt familial, reconnu par la banque mais traité comme un crédit en cours dans le calcul du taux d’effort, ce qui en limite l’intérêt si le DTI est déjà tendu.

Combiner deux ou trois de ces leviers transforme un dossier sans apport propre en dossier solide. La logique précise de chaque source d’apport est détaillée dans notre guide de l’apport minimum par profil emprunteur, qui classe les sources reconnues par ordre d’appréciation des banques.

Risques et garde-fous avant de se lancer

Le crédit sans apport comporte des risques spécifiques qu’il faut regarder en face avant de s’engager. Les ignorer expose à des situations difficiles que des garde-fous simples permettent d’éviter.

Le premier risque est la revente forcée dans les premières années. Au début du remboursement, la part de capital amorti est faible : sur un prêt de 25 ans, après trois ans, l’essentiel des mensualités a couvert des intérêts. Si le ménage doit revendre (divorce, mutation, coup dur) et que le marché local a reculé ou stagné, le prix de vente peut ne pas couvrir le capital restant dû augmenté des frais de revente. L’emprunteur se retrouve alors à devoir compléter de sa poche, situation appelée vente à perte ou negative equity.

Le deuxième risque est l’absence d’épargne de précaution. Un ménage qui n’a pas pu constituer d’apport n’a souvent pas non plus de matelas de sécurité. Or un crédit immobilier engage sur des décennies, période durant laquelle surviennent inévitablement des imprévus : panne de voiture, gros travaux, baisse temporaire de revenus. Sans réserve, le moindre choc peut fragiliser le remboursement.

Le troisième risque est le surdimensionnement du projet : la facilité apparente du sans apport pousse parfois à viser un bien au-delà de ses moyens, en poussant le taux d’effort au plafond HCSF, ce qui annule toute marge de manœuvre.

Les garde-fous sont simples. Le premier est de reconstituer rapidement une épargne de précaution d’au moins quelques mois de mensualités, comme le recommande l’ANIL. Le deuxième est de viser un bien à la valeur solide sur le marché local, facilement revendable, pour limiter le risque de moins-value. Le troisième est de ne pas pousser le taux d’effort au maximum : garder une marge sous le plafond de 35 % protège contre les aléas. Le quatrième est de privilégier une durée raisonnable, car allonger la durée pour faire passer un dossier sans apport augmente fortement le coût total.

Méthode pour monter un dossier sans apport solide

Décrocher un crédit sans apport en 2026 relève moins de la chance que de la préparation. Voici la méthode pratique en cinq étapes.

Étape 1 : auditer son profil sans complaisance. Identifier ses atouts (CDI stable, secteur rassurant, revenus en croissance, absence de crédit conso) et ses faiblesses (épargne nulle, dépenses irrégulières, découverts récents). Un dossier sans apport ne tolère aucun signal négatif annexe : les trois derniers relevés bancaires doivent être impeccables, sans découvert ni dépense atypique.

Étape 2 : nettoyer ses comptes pendant trois à six mois. Solder les petits crédits à la consommation, supprimer tout découvert, et faire apparaître une trace d’épargne même modeste (un virement régulier de cent ou deux cents euros sur un livret). Cette discipline récente compense en partie l’absence d’apport constitué et rassure la grille de scoring.

Étape 3 : activer tous les dispositifs aidés. Vérifier l’éligibilité au PTZ, au prêt Action Logement et au déblocage de l’épargne salariale, et explorer une éventuelle donation familiale. Reconstituer un apport via ces leviers est presque toujours préférable à la recherche d’un 110 % pur.

Étape 4 : calculer son taux d’effort réel. Simuler la mensualité sur la base d’un capital de 110 % et vérifier qu’elle reste sous 35 % du revenu net du foyer. Si le plafond est dépassé, le sans apport est impossible sans réduire le budget ou allonger la durée. Notre simulateur de capacité d’emprunt et de DTI facilite ce calcul.

Étape 5 : confier le ciblage à un courtier. Un courtier IOBSP oriente le dossier vers la banque dont la politique du trimestre accepte le 110 %, évite les refus inutiles et négocie le taux et l’assurance. Pour un profil sans apport, ce ciblage fait souvent la différence entre un accord et une série de refus.

En suivant cette méthode, un candidat sans apport mais au profil sain maximise ses chances. Pour une vision d’ensemble du parcours de financement, consulter le guide complet sur le crédit immobilier 2026, qui replace la question de l’apport dans la chaîne complète taux, capacité, négociation.

Foire aux questions

Les six questions ci-dessus en frontmatter FAQs reprennent les interrogations les plus fréquentes sur le crédit immobilier sans apport en 2026.

Conclusion

Le crédit immobilier sans apport reste possible en 2026, mais il est devenu une exception réservée à des profils précis. Aucune règle légale ne l’interdit : la norme HCSF n’impose pas d’apport minimum, elle plafonne seulement le taux d’effort à 35 % et la durée à vingt-cinq ans. Ce qui bloque un dossier sans apport, ce n’est jamais l’absence d’épargne en soi, mais le taux d’effort trop élevé que provoque parfois l’augmentation du capital emprunté.

Les profils encore éligibles au 110 % sont les jeunes actifs à fort potentiel, les agents publics, les ménages à revenus confortables sans patrimoine et les primo-accédants combinant les prêts aidés. Le coût est réel, de l’ordre de quinze à vingt-cinq mille euros de plus sur un dossier type, mais il peut se justifier face au coût de l’attente et du loyer. La bonne stratégie consiste à reconstituer un apport via les dispositifs aidés plutôt qu’à chercher le rare 110 % pur, à nettoyer ses comptes et à confier le ciblage bancaire à un courtier. Pour aller plus loin, consulter le guide de l’apport minimum par profil, l’analyse de la capacité d’emprunt et le guide des dispositifs primo-accédant.

Sources

Questions fréquentes

Le crédit immobilier sans apport est-il encore possible en 2026 ?
En 2026, aucun texte légal n'interdit le crédit immobilier sans apport personnel. Le financement à 110 %, qui couvre le prix du bien plus les frais de notaire et de garantie, reste accessible mais à une minorité de dossiers. Selon les panoramas trimestriels publiés par la Banque de France, ces opérations représentent moins de cinq pour cent de la production de crédits à l'habitat. Les profils retenus cumulent généralement un CDI long en période d'essai validée, un secteur public ou para-public, des revenus supérieurs à 1,5 fois la médiane locale et une trace d'épargne régulière même modeste. Le respect strict de la norme de taux d'effort de 35 % imposée par la Décision D-HCSF-2021-7 reste obligatoire, ce qui mécaniquement réserve le 110 % aux ménages dont la mensualité reste largement sous le plafond.
Quelles banques acceptent un crédit sans apport en 2026 ?
Toutes les banques ne pratiquent pas le financement à 110 % avec la même intensité. Les établissements les plus ouverts en 2026 sont historiquement les banques de réseau régionales (caisses régionales mutualistes, banques populaires régionales) qui défendent une politique de captation des jeunes actifs et des primo-accédants à fort potentiel d'évolution salariale. Les banques en ligne et néobanques restent plus restrictives car leur modèle repose sur des dossiers standardisés à faible risque. Le passage par un courtier IOBSP est dans ce cas particulièrement utile : il connaît les grilles internes du moment et oriente le dossier vers l'établissement dont la politique d'octroi accepte ponctuellement le 110 %. Il faut garder à l'esprit que ces politiques évoluent chaque trimestre selon la conjoncture des taux et le pilotage prudentiel suivi par l'ACPR.
Combien coûte en plus un crédit immobilier sans apport ?
Un crédit sans apport coûte structurellement plus cher qu'un dossier avec vingt pour cent d'apport, pour deux raisons. La première est le surcoût de taux : la banque majore son barème de dix à trente points de base pour compenser le risque accru d'un capital emprunté plus élevé par rapport à la valeur du bien. La seconde est l'effet du montant emprunté : financer 110 % au lieu de 90 % signifie payer des intérêts sur une assiette plus large pendant toute la durée du prêt. Sur un bien de 200 000 € sur 25 ans, le différentiel de coût total entre un dossier 110 % et un dossier 20 % d'apport peut atteindre quinze à vingt-cinq mille euros sur la durée. Ce surcoût peut néanmoins se justifier si l'alternative est de rester locataire plusieurs années de plus en payant un loyer à fonds perdu, ou si le marché local progresse plus vite que le coût du crédit.
La norme HCSF interdit-elle le crédit sans apport en 2026 ?
La norme du Haut Conseil de Stabilité Financière, codifiée par la Décision D-HCSF-2021-7 du 29 septembre 2021 et reconduite, ne fixe aucun apport minimum obligatoire. Elle impose deux limites cardinales applicables à tous les emprunteurs : un taux d'effort maximal de 35 % du revenu net mensuel assurance comprise, et une durée maximale de vingt-cinq ans, portée à vingt-sept ans en cas de différé pour le neuf en VEFA ou l'ancien avec travaux représentant au moins 25 % du coût. Une enveloppe dérogatoire de vingt pour cent de la production trimestrielle permet à chaque banque de s'écarter de ces limites, dont 80 % réservés aux résidences principales et 30 % aux primo-accédants. Le sans apport n'utilise pas forcément cette dérogation, car il reste possible dans les clous du 35 % si la mensualité est faible au regard des revenus. Le texte complet est consultable sur Légifrance.
Comment compenser l''absence d''apport pour décrocher son crédit en 2026 ?
Plusieurs leviers permettent de compenser l'absence d'apport propre tout en respectant le cadre prudentiel. Le premier est le prêt à taux zéro, considéré comme un apport par les banques et pouvant financer jusqu'à la moitié de l'opération pour les primo-accédants éligibles. Le deuxième est le prêt Action Logement, réservé aux salariés du privé non agricole. Le troisième est l'épargne salariale débloquée pour l'acquisition de la résidence principale (PEE, PERCO). Le quatrième est la donation familiale, encadrée par l'article 779 du Code général des impôts avec un abattement de cent mille euros par parent et par enfant tous les quinze ans. Combiner deux ou trois de ces leviers transforme souvent un dossier sans apport propre en dossier solide aux yeux de la banque, sans qu'aucun euro ne sorte de l'épargne personnelle de l'emprunteur.
Quels sont les risques réels d''un achat immobilier sans apport ?
Le risque principal d'un achat à 110 % sans apport est la fragilité en cas de revente forcée dans les premières années. Au début du remboursement, la part de capital amorti est faible et le bien peut valoir moins que le capital restant dû, surtout si le marché local recule ou si des frais de revente s'ajoutent. En cas de divorce, de mutation professionnelle ou de coup dur, l'emprunteur peut se retrouver à devoir compléter de sa poche pour solder le prêt. Le second risque est l'absence d'épargne de précaution : un ménage qui n'a pas pu constituer d'apport n'a souvent pas non plus de matelas de sécurité, ce qui le rend vulnérable au moindre imprévu. La bonne pratique professionnelle, rappelée par l'ANIL, est de viser au minimum une épargne résiduelle de quelques mois de mensualités, quitte à différer légèrement le projet.

Comment cet article a été vérifié

  • 8 sources officielles citées (Banque de France, HCSF, ACPR, AMF, service-public.fr, Bercy, DGCCRF).
  • Rédigé par Pierre Martin, ancien banquier crédit immobilier IOBSP, enregistré à l'ORIAS.
  • Dernière revue éditoriale : 29 mai 2026. Mises à jour chiffrées en continu (taux moyens, taux d'usure, plafonds HCSF, conditions PTZ).
  • Aucun lien d'affiliation déguisé, aucune recommandation personnalisée (ce n'est pas un conseil financier au sens de l'article L.541-1 du Code monétaire et financier). Lire notre politique éditoriale.
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